'I'm not here. This isn't happening.' _ Bordel Encéphalique

'I'm not here. This isn't happening.'      _ Bordel Encéphalique





Entre deux lignes opaques de poussières fragiles, quelques esquisses achevés pèsent dans l'album. Les courbes infinies du huit teignent une vingtaine de chapitres dont un pincement de lèvres d'enfant longtemps resté dans l'ombre d'un souvenir. Bonjour. J'ai appris à haïr avant d'aimer, j'ai appris la souffrance avant la douceur, les cris et les pleures avant les rires mêmes amers de ma mère. J'ai supporté mes rondeurs, capitulé sous les regards moqueurs, fait semblant d'être heureuse sans pour autant y croire. On dit que les âmes tortueuses sont celles qui finissent par apprendre à vivre, mais moi, j'aurais voulu connaître la naïveté, les étoiles et les illusions, j'aurais voulu croire à la chaleur d'un Soleil ardent. J'aurais voulu ne rien savoir, j'aurais voulu grandir sans trébucher, j'aurais voulu que ces faciès soient hypocrites. Je n'ai même pas eu le temps d'attendre que tout me fût servi sur un plateau d'argent et même d'or. On m'y a servi l'amertume, la solitude et les plaintes, la plume, l'habitude et la folie succinte. Je ne pourrai jamais dire que tout va bien car même lorsque les choses iront selon leur désir, je trouverai avec justesse la faille, la cicatrice vacante, j'aurai toujours l'esprit tremblotant, et le coeur au bord de je ne sais quoi, je ne sais où. Mais jamais au repos. Et jamais la lourdeur du passé ne sera frèle, jamais le pardon n'aura raison, jamais mes "je t'aime" ne connaîtront que l'unique et pure sincérité. J'aurais été bouffée, lessivée, catapultée dans un monde, dans son monde que mes peintures n'ont pas été capables d'enjoliver. Merci 'pa. Ne me demande jamais comment je vais, j'ai cultivé l'art du mensonge, ne me demande jamais où je serai demain, j'ai oublié où être aujourd'hui.




# Posté le lundi 20 avril 2009 19:43

'I don't wanna be old and safe alone ..'





Et la vieille execrable. Et la vieille et sa voix exacerbée, acérée, coupable. Et la douleur viscérale. Et son amour, bicéphale. Et la vieille et ses excès, et sa faible animosité, et le jeune dans son reflet. Et la vieille acariâtre, ses vices et ses supplices. Et Paris et New York. Et peu importe, et la vieille et l'autre, l'attendant à la porte. Tourne et souffle, s'arrache et s'envole, sous son voile d'innoncence. Paisible ou invisible. Et viole la vile et vive vie. Et la vieille qui la veille veillait aux images de son voyage. Imminent. Et l'abordage à la dernière page. Et le jeune, qui dépoussière des miettes. D'hier. À terre. Le frivole et ses souvenirs, et la vieille qui le désire. Elle qui chantait, dansait, s'étreignait, virevoletait comme une pucelle, prisonnière dans les bras de ses draps. Et la vieille et sa peau pourrie, jaunie par l'immoral temps qui trépasse, ose et s'impose. Et ses mains raides, moles, s'unissent et s'enmêlent. Frêles. Et la vieille à son âge, n'a pas peur de mourrir, et le jeune qu'elle supplit. Et elle l'embrasse, s'embrase et l'enlace, sage. Et le jeune qui vit, respire l'odeur d'antan dans le creux de son cou. Et ses lèvres, des promesses de demain. Ephémère. Et la vieille, l'adolescente. Sans son vieux, un air de violon dans l'âme, et la solitude dans le pieux.


'I don't wanna be old and safe alone ..'
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# Posté le lundi 20 avril 2009 19:48

'Each time it comes it eats me alive' [ . . ]

'Each time it comes it eats me alive'  [  . . ]





Va donc dire à qui veut l'entendre que les étoiles ont fini d'attendre. La chantilly me pince encore les lèvres de sa douceur malgré les brulures malveillantes de mon cappuccino. Je n'ai pas eu le temps de souffler. Je n'ai jamais eu le temps de rien, c'est un fait. Va dire à qui veut l'entendre que le soleil n'attend pas la lourdeur des années, dis leur que la lune n'est pas aussi froide qu'elle en a l'air. Je n'ai pas fini de pleurer, j'ai mal au crâne, j'ai chaud. Mille degrés sous les larmes et pas une arme comme défense. Elle a toujours eu cette qualité d'attaque, c'est un fait. Lorsque j'arrive à déglutir le peu de caféine possible, mon estomac me rend coupable d'une digestion trop brusque mais au moins je n'ai plus faim. Mon poids balance, cet enfoiré ne sait faire que ça d'ailleurs. Il balance, me donne le vertige, crie à qui veut l'entendre que ma faiblesse est ma plus belle valeur. Mon visage est d'autant plus rouge que je n'ai plus aucun contrôle sur mes liquides pulsions lacrymales.

Isolez-moi dans un espace pur et vide, confinez-moi là où personne ne peut m'atteindre, pétrifiez-moi que je puisse enfin me réveiller. Jamais ma vie ne fut aussi plate, monotone, lugubre et creuse qu'aujourd'hui. Dépression en dépressurisation, tout va mal et rien ne tourne en rond. Je grandis trop vite et à l'envers, dans l'envers du décor même si tout scintille, mes yeux ne brillent pas assez pour éclaircir ce dont, quoi je me morfonds. J'ai perdu le goût, le sucré pétillant du simple, le salé racolant du pourpre jovial. Elle me rabaisse sans cesse à ce que je ne suis pas et j'arrive encore à culpabiliser de ne pas être celle que le monde voudrait que je sois. Je pense que cette salope solitude me fait flancher le morale.

Arrête donc de m'aimer si je t'étouffe autant, arrête donc de me chérir, de me couvrir de regards bienfaiteurs, de me caresser par ton animosité délicate, arrête. À défaut de douter de mes choix pris consciencieusement, l'amertume du chemin adopté devient de plus en plus pesante.


Silence, ils mentent.




# Posté le dimanche 19 avril 2009 16:09

Modifié le dimanche 19 avril 2009 16:21