.Velvet Ballads.

.Velvet     Ballads.





Premier grattage. Premier souffle. Première délicatesse, première caresse. L'épuisement.
Huit heure et vingt-cinq minutes. Ligne 1. Hôtel de Ville. L'épouvantable. Un ivrogne à ma droite, raclant le sol. Un lapin à ma gauche, immobile, la main prête à être coupée. Un litre ou moins de Jack Daniel's et un sermont puant. Des complaintes, des rires fous, un supplice et de la pitié. Under the ground, dans le ventre du terrible, dans le ventre du serpent. En rotation : I'm an accident waiting to happen. The BoneyQueen to Nowhere. Concorde, ligne 8. Je constate quelques évidences qui, depuis plus de cinq années ne m'avaient jamais effleurée l'esprit. L'agitation ici y est moindre, sûrement la destination qui veut ça, les gens changent. Les chaises disposées ici et là le long des quais sont d'un violent violet, vieilissant et terne, comme si les années avaient eu raison d'elles, comme si l'âge n'était pas qu'un concept humain. D'un violet à en vomir, blèche et disgracieux. Je suis de celles dont le regard s'agite, les pupilles galopent avec fougue à la recherche d'autres pupilles dont certaines illuminent cette course où d'autres soufflent l'ennui. On se dévisage, risque quelques esquisses de sourire, furtifs. Le métro parisien est parfois le théâtre le plus triste, morose et cynique qui m'ait été donné de vivire. J'ai dû faire une dizaine de kilomètres, yeux ahuris sans pour autant y voir un semblant de finalité, de voie. Trois, puis quatre voire même cinq ou six, j'en ai perdu le compte, autant de taches d'un rouge vif qui avec allure transperçaient mon horizon. Tandis que l'une subissait l'attraction et retombait grossièrement, l'autre grimpait les centimètres de la plus belle volonté du monde, visant une hauteur que les autres peinaient à atteindre. Elle dominait, là, au firmament, empyrée. Durant une seconde d'illusion, mes mirettes obnubilées par ce spectacle scintillaient. Tu me crois ? Elles scintillaient. Comme si elle pouvait voir la Musique, comme si, comme rien. Ça n'a que d'éloges. Cette enveloppe courbée, aussi petite et insignifiante qu'elle pouvait paraître se démenait corps de plastique à aller où aucun ne semblait capable. Je m'exultais. How to disappear completely. Le Néant, arrachée de mes cieux, de mes yeux dont l'expression n'avait de compréhension qu'une féroce désillusion. On m'avait empaumée de mon instant de béatitude. On m'avait abdiquée à l'éphémère. L'illusionniste a eu raison de moi. De mon je chétif .*





# Posté le lundi 04 mai 2009 15:34

_ Sur le devant de la Seine. -

_   Sur le devant de la Seine.    -
C'est un murmure, même fade qui immerge dans le froid de la ville. Le vieux Paris sourit aux âmes des danseurs errant. Sur le devant de la Seine, les voies s'entrecroisent, imparables, se suivent et s'enfument. Et c'est au crépuscule que le fleuve étincelant s'étiole pour renaïtre de plus belle sous l'expression des yeux des vieux qui chuchotent par leur regards. Notre-Dame abrite les prières et les vestiges évanescents qui s'évanouissent dans le creux de l'Evangile posé là, au centre de toutes les espérances. Dans l'antre, deux pauvres junkies excentriques, l'un le crâne rasé au plus vif qu'on y perçoit encore les traces sanglantes, l'autre d'où s'éveillent les odeurs nauséabondes de clopes et aux cernes noirâtres, tentent de racheter leurs déboires de la nuit passée. Accoudés aux marches, ils pleurent.

Sur la place encore vide, quelques nymphes sûrement nubiles constatent les restes elles aussi de leurs méandres nocturnes. Les junkies et les nymphes : des voies imparables. Une peuplade de pigeons étaient au rendez-vous. La course des piafs au premier qui aura sû être larron des quelques morceaux de pains pourris commence. Ca jacte, ça piaille, coups de becs, coup de frêles ailes éreintées des lourds voyages. Les croutons déchiquetés qu'un sans-abris aurait pu courtiser. Il n'en reste que des miettes que les passants martèlent de leurs pas. Les bancs nappés de messages symboliques urbains attendent non sans hâte les assises habituelles des longues matinées de printemps. Le temps n'attend personne et les gouttes de pluie ruissellent sur chaque joue, comme des larmes mystifiées. Je m'assoie là, et j'ose l'attendre. Le temps en fuite.


Mes pupilles s'effondrent. Mon corps désoeuvré n'a plus la force de flâner. Je sens mes pieds glisser sur le goudron délabré, et mes doigts déambulent délicatement. Là, assise sous le Soleil de Paris. Qui rit et s'acharne au plaisir impétueux de me faire amoureuse.

[...]
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# Posté le lundi 04 mai 2009 14:42

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Le pas fuyant, l'allure essoufflée. Le tout est de savoir où s'arrêter. L'ombre nonchalante du saxophoniste n'est qu'un tour de passe-passe, une façon de fausser le jeu. Une histoire de plus, une protection à. Seul lui le sait. Ces lèvres n'ont jamais été aussi chaudes et enthousiastes que lorsqu'il les posent sur son instrument. Telle son amante. Délicatement dissimulé derrière un souffle ravageur, il y met tout ce qu'il a de plus précieux. Sa conviction et son amour. Son désespoir et ses fidèles imperfections, qui le perfectionnent. Il n'a jamais donné son coeur à d'autres. Il a fait semblant, comme chacun, il a joué un rôle, allumé quelques flammes pour les éteindre. C'est un lâche ultime qui ne donne pas. Rien. Si ce n'est tout à son amante. La belle de ses nuits et pourquoi pas de ses jours, la belle et grâce.

L'amour n'existe pas. Il a besoin de nous pour vivre.
C'est évident.

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# Posté le lundi 04 mai 2009 14:38

Hoppipola

Hoppipola













Face de.
Fondre et s'effeuiller en été.














# Posté le lundi 20 avril 2009 20:42

Modifié le dimanche 10 mai 2009 19:06

'It could have been me if I wanted to. [...] In a time of confusion.'

'It could have been me if I wanted to. [...] In a time of confusion.'





C'est dans un élancé miraculé que j'enlace jusqu'à entasser mes notes lisses. Ce n'est pas l'astre éfflanqué qui me torture la rétine mais l'hélianthe aérien qui se fait rare. Tard dans le jour tel un troubadour peinard, je bavarde à l'unisson et mes échos rient. Les mots pointent leur nez mais ne se jettent qu'occasionnellement au visage, cessent et cèdent au gré de voyages sur les pages. Sybarites. Un moment de confusion, d'amalgames et d'assemblages, laisse-moi te dépeindre ma bande originale d'un monde qui n'existe pas. Méli-mélo dans la mêlée des sentiments, tout le monde ment sauf les mélopées même saccagées comme des diamants qui brillent dans la poussière. Cadence folle pour adages sous mille cieux, en plein delirium tremens, les battements intenses s'affolent et embrassent la démence. Je les suis jusqu'au bout du monde et tombe. Et bien que la chute résonne à chaque seconde, si je m'éteins c'est pour mieux revivre. Le X marquera l'endroit de mon essence salvatrice et aucune cicatrice ne restera vaine. Pleine de charme, exquise et séraphique, ma symphonie se veut vertueuse, tortueuse et symbolique. Comme des assiettes tournantes, instables, un équilibre sensible, si je rêve d'ailleurs c'est qu'ici je crève. C'est une nouvelle aube, c'est un nouveau jour, c'est une nouvelle vie, reviviscence au crépuscule d'un vestige qui ne s'est s'abandonné au passé. Et il brûlera mes horizons sans faire d'erreur, à l'heure où ma peur n'est plus qu'un vague souvenir.Il piétinera mes espoirs avant le naufrage de nos abîmes ancestrales. Sales. Il ou elle, peu importe le genre, moi je suis en or.






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# Posté le lundi 20 avril 2009 19:58

'There's a gap in between.' Between you & me.

'There's a gap in between.'     Between you & me.


J'ai le syndrôme de la page blanche. À l'image d'Hank Moody sans le succès et la vie décadente, je n'écris plus. Et ce depuis. Je ne sais plus. Pourtant les idées valsent, s'entrechoquent mais la plume.. La plume est inerte. Je ne vais pas bien. Non, je pense même aller mal. J'ai le coeur en miettes, j'ai donné des morceaux à qui veut. Et on me les a rendus. Comme si je m'attardais sans cesse à aimer les impossibles. Comme si je tuais le temps à leur donner tout ce que j'ai et même plus. Comme si sans eux je n'étais rien. Mais qu'ils sont sans moi.



Et merde, là à trop réfléchir je ne sais plus écrire. Et bordel, ici à trop penser je ne sais plus vivre. Je et toujours je. Egoïste sans retenue et je vous emmerde. Je vous emmerde car j'ai trop donné, vraiment trop donné et que je n'ai rien reçu. Rien. Puisque je passe ma vie à être là, à sourire bêtement, à pleurer souvent, à tendre ma main et à offrir mes yeux. Puisque je passe ma vie à vivre de vous. Puisque vous êtes mes failles et mes blessures, mes rires et mes ratures. Puisque vous m'êtes tout et que je me perds dans vos maux. En oubliant les miens. Puisque la Lune danse à chacune de mes faiblesses et que le ciel pleure lorsque je m'y mets. Puisque j'erre sans cesse dans l'attente d'un horizon furtif, d'un point de lumière ou d'une obscurité vacante. Puisque toujours. Puisque les mots ne viennent plus. Puisque même eux ont décidé de me laisser à l'abandon. Puisque je n'ai plus sur quoi me reposer, ni une feuille, ni une note, ni une épaule. Puisque mes espoirs se heurtent lorsque mes rêves prennent fin, puisque je tourne et tourne encore, que jamais je n'avance et que toujours je recule. Puisque je vais mal et que personne ne le sait. J'ai des enfers par centaine et aucun paradis. Des promesses à jeter et des souffles à rattraper. Puisque même mon ombre ne rayonne plus et que mes pas ne s'entendent plus. Puisque même noyée entre eux, je reste seule. Et ce n'est pas une question de courage. Ni une question de rien.





# Posté le lundi 20 avril 2009 20:25