The escape. Serait-ce une fuite ? Une déroute ? Un abandon ? Ou une simple excuse ? J'ai longtemps voulu croire que tout était du à son barbarisme maternel, à vouloir me garder à sa portée, sous sa jupe, dans le creux de ses mains ascétiques, lacérées par les épouvantes du temps. J'ai longtemps voulu croire que ma liberté ne se limitait qu'à son souffle, qu'à sa protection dévorante. J'ai longtemps joué l'aveugle et la lumière de l'évidence m'arrache, aujourd'hui, la rétine. Je ne sais pas ce qui est plus grande douleur : inventorier de sa vraie nature ou constater de quelle sorte l'on a bien pu faire porter le chapeau à la plus innocente. Dans un chaos annuel, entre les efforts à tuer le temps et à sourir à son miroir pour se prétendre heureuse, je crois avoir problème. La solitude a souvent constituée un analgésique salvateur, une roue de secours, un pneu à demi-gonflé sur lequel j'ai fait glisser mes états d'âme. Mais dans le fond, elle n'est qu'une ruse tortueuse qui amèrement me colle à la peau comme la plus crade des réalités. Je suis celle qui s'entiche naïvement d'un héros cynique et misanthrope, faussement équilibré dont le moral a besoin de ce même soutien que lui offre sa canne quant à sa jambe atrophiée, lourde et irrécupérable. À sa façon, je renie ceux qui m'entourent, n'ai aucune attache, cultive l'art de l'oubli et n'agit en aucune conséquence ou quelconque situation propice à. Il me semble avoir rencontré l'amour. L'attachiante et l'indécise, je me perds dans les jeux de maux, confuse et désorientée, je ne sais pas ce que j'attends, ce que je vise et encore moins ce que je suis capable d'apporter. Car je n'ai rien, ni personne. Je suis seule et lache, vile et méprisable, une solitaire insociable, impossible et hargneuse. Une trouillarde, dont l'unique macache édifie la cénesthésie. Il me regrettera, pour tout ce que je ne suis pas. Seule et lache. L'abjecte.
