Escape. Je stagne. Décrivez moi un univers que j'y puisse m'enfuir, lorsqu'enfermée entre mes quatre murs, je ne vois plus un semblant d'étoile. Jadis, je tournais en rond. Un pas, puis deux, plus mille, en avant, en arrière, un tango solitaire réconforté par la solidaire lassitude. Il y avait bien longtemps, et la plume me semble lourde, pour le peu que j'ai à cracher. Je fais dos à ma destination de stagnation, mais j'y arrive sans pour autant pouvoir y jeter l'encre. J'endosse une frénésie suggestive. La ville me donne souvent des prémices d'idées, des préludes délirants, des maux qui progressent par mouvements d'ondulations parfois avec répit. Il m'arrive de flirter avec les astres, patientant le lever du majeur sous ses airs de cynique monocratie. Il en devient le dominant, et ma petitesse prend alors toute sa vérité. Je ne suis pas de ceux adeptes de la pénologie puisque ma peine je l'apprivoise. Je la couve, la protège, elle y prend des airs pélusiaques. Elle me réconforte. Car dans ma peine je ne suis que celle qui symbolise l'elle, l'unique et la constante. L'univoque usée. Je lis dans bon nombre de regards le reflet d'une mélancolie brumeuse, une calamitée affligante, une désespérée enchantée. Et j'ai honte, car je n'ai rien de bien tragique dans mon existence. Si ce n'est mes secrets. Dix neuf années et toujours plus de rencoeurs, dix neuf années et toujours plus à raconter. Cependant, sans cesse l'identique langueur. Je pense qu'un model est nécessaire, qu'une incarnation humaine d'une ligne directrice est requise. Je suis de ceux qui n'en ont pas eu. J'ai observé la violence alors que mes lèvres n'avait pas encore la chance d'emettre un soupçon d'une quelconque allocution compréhensible. Dévorant des yeux les ballades des mains d'un père tendrement monstrueux sur la souplesse angélique du visage d'une mère affolée. Et cette boule graisseuse qui aboyait sans doute sous la mécompréhension d'une scène digne d'un apocalypse cinématographique.